Cours du samedi

Dominique Verrier

Formation

D’abord élève-comédien au Théâtre-Ecole de Reims dirigé par Robert Hossein, il débute professionnellement en 1973 dans Antigone de Bertolt Brecht, mis en scène par Jean-Louis Martin-Barbaz et dans Troïlus et Cressida de Shakespeare mis en scène par Stuart Seide. Il joue notamment avec Fabio Pacchionni, Antoine Campo, Anne-Marie Lazarini, Claude Santelli, Véronique Widock, Odile Locquin, Jacques Livchine, Nicolas Peskine, Danièle Marty, Stéphanie Tesson, Stanislas Grassian, René Loyon… Il est également comédien dans deux créations chorégraphiques de Karine Saporta, La princesse de Milan et Morte forêt. En 1995 et 1996, il suit comme observateur le travail de Robert Lepage et joue à Québec dans Les sept branches de la rivière Ota.

Il crée sa propre compagnie La Bouche d’Ombre en 1981 et fait sa première mise en scène avec Le Roi Gordogane de Radovan Ivsic. Il choisit de se consacrer en priorité au répertoire contemporain et met en scène notamment les textes de Bernadette Le Saché, Jacques Tessier, Jean-Louis Bauer, Jean-Pierre Renault, Eudes Labrusse… mais aussi Georges De Porto-Riche (Amoureuse en 1991). En 1996, il suit la formation de documentariste des Ateliers Varan et réalise Folle patience, documentaire primé à Augsbourg, Lisbonne, Auxerre et Lussas.

Il entame en 97 un travail sur l’oeuvre de Tchekhov qui aboutira à Quatre actes avec Olga et Via Sébastopol de Valérie Durin. De 1998 à 2001 il monte deux spectacles à Fès et Meknès au Maroc, Intimes révoltes (texte collectif) et Les Co-épouses de Fatima Gallaire. En 2007 il crée La madone des dancings à partir d’une conversation au long cours avec Yvette Horner diffusée sur France-Culture au cours de l’été 2005. Sa dernière création est Portraits avec retouches de Danielle Chinsky et Olivier Achard.

L’atelier du samedi

Tout le travail sera pensé pour que le comédien, quel que soit son âge, ses aptitudes ou son expérience, puisse aiguiser sa curiosité, sa lucidité et son sens critique, lui permettant de trouver la sincérité indispensable à toute création d’un personnage. 

Car on construit un personnage d’abord et avant tout à partir de soi, notre esprit et notre corps étant nos seuls outils. Et c’est bien de la vie sous tous ses aspects que l’acteur se nourrit.

L’acteur au travail ne peut pas brûler les étapes. Il lui faut de la patience, de l’énergie et de la rigueur, mais cela n’exclu en aucune façon le plaisir qu’il peut éprouver dans cette recherche, bien au contraire. 

Pour atteindre la subtile alchimie qui permet à l’acteur d’être le personnage, il doit être en permanence aux aguets. Débusquer les faux-semblants, explorer des contrées inconnues de la pensée, se libérer des idées reçues et des a priori, lui laissera le champ libre pour recréer la vie sur le plateau et non pas l’imiter.

Au cours de ces séances de travail, nous ferons appel à l’imaginaire et à la sensibilité de chacun avec comme mot d’ordre l’imagination au pouvoir !

Parallèlement au travail sur des textes dramatiques, et toujours dans le but de comprendre processus de construction d’un personnage, nous aborderons des improvisations cadrées à partir d’une situation donnée, mais avec un objectif à atteindre. Pour cela nous pourrons nous aider des visions du monde puisées dans une mémoire personnelle ou collective, de faits divers, d’événements relatés dans la presse, d’émissions de radio, de récits, de débats publics, de journaux intimes, de rêves, de souvenirs enfouis, de livres, de films, etc… Tout peut être matière à théâtre.  Ainsi, écriture et interprétation seront mêlées pour le passage d’une parole vivante à la scène.

Faire théâtre de tout ! disait Antoine Vitez. Nous suivrons donc ce précepte pour revisiter le théâtre d’aujourd’hui et tenter de comprendre le monde.